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03/06/2010

Plan stratégique : 6 questions à Benoit Leclercq, Directeur Général de l’AP-HP


Le 30 juin, l’AP-HP adoptera, comme tous les cinq ans, son plan stratégique 2010-2014. Benoît Leclercq, Directeur général de l’AP-HP, répond à quelques unes des questions que suscite ce projet, actuellement en discussion.

Benoit Leclercq , Directeur Général de l'AP-HP







A quoi sert le plan stratégique ?

Le plan stratégique définit les grandes orientations et les priorités de l’AP-HP et plus particulièrement son projet médical pour les cinq prochaines années : réponse aux besoins des Franciliens et aux évolutions de la médecine, offre de recours nationale, répartition cohérente et lisible de l’offre de soins, développement de certaines disciplines, relations avec les autres acteurs de santé... Ce plan résulte d’une longue élaboration de 2 ans, suivie d’une large concertation, toujours en cours, avec les médecins, les organisations syndicales, les universités, les tutelles, les représentants des usagers, les élus, les partenaires de l’AP-HP...

A quoi ressemblera l’AP-HP en 2014 ?

Un établissement de pointe et de proximité, ouvert à toute la population et lui offrant l’ensemble des spécialités et du progrès médical. Ses 37 établissements seront organisés en 12 groupes hospitaliers, dont le principe a déjà été adopté par le Conseil d’Administration en juillet 2009. Ces centres proposeront aux Franciliens une offre graduée en trois niveaux : des urgences et des soins à proximité immédiate de leur domicile pour toutes les spécialités courantes, une offre dite "intermédiaire" correspondant à des disciplines ou des savoir-faire particuliers développés au sein du groupe hospitalier et, enfin, un troisième niveau sur des disciplines très pointues ou des pathologies rares avec une vocation d’accueil régionale, voire nationale. L’AP-HP sera, plus qu’aujourd’hui, ouverte vers l’extérieur, et intégrée dans son environnement. Enfin, en étant le CHU d’Ile de France, elle assurera avec les sept universités partenaires, la formation de plusieurs milliers d’étudiants en médecine, en soins infirmiers et dans toutes les autres professions paramédicales.

Le plan stratégique va-t-il remettre en cause l’accueil de proximité pour les mères et les nouveau-nés ?

La périnatalité est au contraire l’un des éléments clés de la politique médicale de l’AP-HP, d’autant plus que le nombre de naissances augmente. Elle était déjà au cœur des deux précédents plans (2000 - 2004 / 2004 - 2009), ce qui lui a permis de bénéficier d’un effort d’investissement considérable – de l’ordre de 400 millions d’euros - se traduisant par la construction de cinq nouvelles maternités et la modernisation de plusieurs structures. Le plan 2010 - 2014 bénéficiera encore des effets résultant de cette politique, notamment grâce à l’ouverture de la nouvelle maternité de Port Royal à Cochin en 2011 et de celle du bâtiment Laennec de Necker en 2012. Non seulement il n’y aura pas de réduction des capacités, mais le nombre de naissances pourrait être accru de 5 à 10 % (2 000 à 3 500) d’ici 2014.

L’AP-HP va-t-elle réduire son offre en matière d’IVG ?

L’IVG est un droit garanti par la loi et il n’est donc pas question de le mettre en cause. Au contraire, l’AP-HP a souhaité réorganiser cette prise en charge aujourd’hui trop dispersée pour prévenir l’errance de celles qui souhaitent y avoir accès. Car tous les centres n’offrent pas les mêmes types d’intervention et aujourd’hui, seulement 7 centres sur les 17 que compte l’AP-HP sont en capacité de proposer toutes les techniques disponibles (médicamenteuse, instrumentale sous anesthésie locale ou générale). C’est pourquoi le plan stratégique prévoit que chacun des douze groupes hospitaliers (voir plus haut) disposera d’au moins un centre proposant l’ensemble de ces techniques, adossé au service de gynécologie-obstétrique du groupe, piloté par un praticien dédié à cette activité et qui développera des liens avec les médecins de ville pratiquant l’IVG médicamenteuse.

L’AP-HP va-t-elle voir ses effectifs diminuer ?

Avec près de 90 000 professionnels, l’AP-HP est le premier employeur de la région Ile de France. Mais, chaque année, environ 7 000 d’entre eux partent travailler ailleurs ou prennent leur retraite. Compte tenu de la nécessité de moderniser son organisation tout en en réalisant des efforts de redressement financier, une partie des départs naturels ne seront pas remplacés excepté lorsqu’ils seront la conséquence de restructurations et de projets médicalement justifiés. Dans le même temps, l’AP-HP continuera de recruter massivement : sur la période 2010 -2012, on peut estimer à au moins 20.000 le nombre de nouveaux professionnels qui rejoindront ses hôpitaux.

L’AP-HP poursuivra-t-elle ses efforts d’investissements ?

Le plan stratégique 2005 - 2009 a atteint, dans le cadre du plan Hôpital 2007, un niveau historique d’investissement s’élevant à 510 M€ en moyenne par an depuis 2005, en travaux, équipement et informatique. Sur la période 2010 - 2014, l’AP-HP souhaite maintenir une capacité d’investissement à peu près similaire pour accompagner la modernisation de ses hôpitaux . L’autofinancement ne représentant qu’une partie des investissements, la réponse dépend aussi de financements extérieurs (Etat, assurance maladie, collectivités...), qui ne peuvent pas encore tous précisément être connus à ce jour.

 

 

Source : http://www.lewebzine.aphp.fr/spip.php?article468

 

 
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