Avertir le modérateur

29/11/2010

Grossesse et précarité

Récemment, j’ai eu dans mon service (urgences de la maternité, salle de naissance) une patiente qui venait avec ses deux enfants (5 et 7 ans) d’Italie. Elle fuyait son mari violent.

Elle avait déjà essayé de se faire aider là bas (services sociaux, police…) mais n’avait rien pu faire.
Je ne sais pas pourquoi elle est venue en France, avec quelques euros en poche, dans l’espoir qu’une structure l’aide en France. Peut être a-t-elle eu les conseils d’une de ses amies.

Au niveau obstétrical, elle était enceinte de 6 mois et s’est présentée pour qu’on la prenne en charge, avec ses 2 grands enfants.
J’ai appelé le Samu Social (115) (logement des sans-abris, gratuit, sans conditions d’accès) (et encore plus si la femme est enceinte). Ce sont souvent des endroits peu confortables mais au moins les personnes ont un toit pour la nuit.
Ils sont tellement sollicités ces temps ci que j’ai mis plus de 40 minutes pour les avoir.

La personne a été adorable, mais elle ne pouvait aider ma patiente et ses enfants que pour une nuit. Elle m’a expliqué que la personne devait essayer de retourner en Italie le lendemain car elle dépendait de la police italienne et des services sociaux italiens.
C’est vrai que cette histoire est compliquée car cette personne est italienne et qu’ici il y a déjà assez de demandes et de besoins, mais la question de l’accueil des étrangers se pose. (En plus ici dans un cas d’urgence : fuite du mari violent, enceinte avec 2 enfants à charge)

115.jpg

Cette histoire difficile (précarité, solitude, violence, voyage, vulnérabilité) m’a vraiment touchée par ses dimensions incompatibles mais pourtant réelles.

14/11/2010

Précarité et grossesse : un réseau sur mesure à l’AP-HP


Les premières rencontres pluridisciplinaires du réseau SOLIPAM, réseau de périnatalité d’accès aux soins pour les femmes enceintes et leurs enfants en situation précaire à Paris, se tiendront le 25 novembre 2010 et rendront hommage au Pr Dominique Mahieu Caputo, sa présidente fondatrice.

SOLIPAM est un réseau de périnatalité et d’accès aux soins pour les femmes enceintes et leurs enfants en situation précaire à Paris, dont les membres fondateurs sont le Centre d’action Sociale Protestant, le GIP Samu Social de Paris, l’AP-HP, le GH Diaconesses-Croix St Simon et la DFPE (Direction des Familles et de la Petite Enfance de la Ville de Paris).

L’objectif premier de ce réseau de périnatalité est de vaincre les différents obstacles à une prise en charge optimale pour les femmes enceintes et leurs nouveau-nés en situation de grande précarité sur le territoire de santé Paris -IDF. Le mot « réseau » prend ici tout son sens puisqu’il assure le suivi médico-psycho-social coordonné de la femme enceinte et de son nouveau né identifiant les facteurs de risque périnatals pour les orienter le plus précocement possible vers les structures adéquates.

Différentes études épidémiologiques récentes montrent que les personnes en situation de précarité, malgré les progrès réalisés dans le domaine périnatal, majorent plusieurs risques obstétricaux. Elles ont moins de 7 consultations durant leur grossesse, ce qui peut conduire à des défauts de prise en charge. Elle ont un moindre recours au diagnostic prénatal et accouchent souvent avant terme. Enfin, la précarité augmente le risque de naissance d’un enfant atteint de trisomie 21, les mauvais résultats du dépistage chez les femmes précaires semblent liés à une réduction de leur accès à des soins et à des explications insuffisantes ou inadaptées.

Parmi ses missions le réseau SOLIPAM propose aux femmes les plus vulnérables des actions d’accompagnement tout au long du parcours de soins, pour sensibiliser les mères à l’importance du suivi médical préventif de l’enfant. Pour résoudre l’accès aux soins rendu problématique par leurs faibles ressources (surtout au début de la grossesse puisque la grossesse n’est prise en charge à 100% qu’à partir du 1er jour du 6ème mois sauf pour les examens obligatoires), SOLIPAM les oriente vers les possibilités de prise en charge gratuite (centre de PMI, PASS, associations), et facilite leur inscription et leur suivi dans les maternités, s’assure de la mise en route et de la continuité de la prise en charge sociale, de l’ouverture de la couverture sociale et d’un accompagnement psychologique si nécessaire.

Le jeudi 25 novembre prochain, les premières rencontres pluridisciplinaires SOLIPAM se tiendront à l’hôpital des Diaconesses avec pour thème Périnatalité et Précarité ; cette date n’a pas été choisie par hasard : elle prend acte des violences faîtes aux femmes, que la grossesse et la grande précarité rendent encore plus vulnérables.

Un hommage sera rendu lors de cette journée, à Madame le Pr Dominique Mahieu Caputo, professeur des universités, chef de service à l’hôpital Bichat (AP-HP), présidente fondatrice du réseau SOLIPAM.

Renseignements :
Contactez le réseau SOLIPAM au 01 48 24 16 28
Par mail : secretariat-coordination.solipam@laposte.net

sources:http://www.lewebzine.aphp.fr/spip.php?article595

18/09/2010

Les examens à faire pendant la grossesse

PXMHHCAJ1Z1E1CA7L57K8CAORQKGXCA0RVC0DCAE35RDUCACKHRS4CA9EC2TYCA78VXL2CABDBATACA8QN5YECAXBEGK0CA2VQHZ2CAB2N4HSCA7F681HCAERH5UWCAQE0465CA2EFBJSCAVF5XJQ.jpgEn France, il existe une batterie d’examens à faire pour s’assurer du bien être maternel et fœtal.
Cette politique de santé opte pour une sécurité maximale.

Voici ci-dessous les examens demandés :

-Carte de groupe sanguin, pour pouvoir transfuser en cas d’hémorragie

-Recherche des Agglutinines Irrégulières, notamment en cas de Rhésus négatif, pour voir si votre bébé est à risque ou pas d’être anémié

-En début de grossesse, nous vous proposons la prise de sang pour voir si vous êtes possiblement porteuse d’un bébé trisomique ou pas (la réponse est une statistique, ce n’est pas « oui » ou « non »)

-Sérologies : VIH, hépatite B, syphilis, rubéole, toxoplasmose, parfois hépatite C

• Si l’on découvre une séropositivité VIH, on mettra en place un traitement (trithérapie) pour diminuer la contagiosité jusqu’au jour de la naissance où elle doit être minimale pour ne pas transmettre le virus à l’enfant.
• Si l’on découvre une hépatite B, on vous mettra en contact avec un hépatologue et on vaccinera l’enfant à la naissance. Attention vous pouvez la transmettre à votre conjoint par voie sexuelle, au même titre que le VIH (IST= infection Sexuellement Transmissible)
• Si l’on découvre une syphilis, vous aurez un traitement antibiotique, pendant la grossesse(Extencilline).Parfois le bébé aussi est traité, selon qu’il est atteint ou pas. C’est aussi une IST.
• Si l’on découvre que vous n’avez pas de protection (immunité) contre la toxoplasmose, on fera une prise de sang tous les mois et vous devrez faire attention à certaines choses pour ne pas être en contact avec ce parasite (risque de malformations fœtales), qui s’attrape dans la terre et par les chats : bien laver ses fruits et légumes(attention au restaurant), ne pas jardiner ou alors mettre des gants, bien cuire la viande, ne pas toucher aux chats et encore moins à leurs litière !

-Electrophorèse de l’hémoglobine pour les patientes provenant du pourtour méditerranéen : cela permet de détecter une anomalie de l’hémoglobine (dans le sang), comme la drépanocytose, et de voir si votre bébé pourrait être porteur.

-Test du diabète ou O’Sullivan : si on détecte un diabète, le bébé est alors soumis à un déséquilibre glycémique, que ce soit in utéro ou après la naissance. Cela peut être dangereux pour lui. Pour le protéger, vous serez alors au régime diabétique, voir sous insuline si c’est trop déséquilibré.

-Bilan de péridurale en fin de grossesse. Pour vous permettre d’avoir une péridurale ! Obligatoire même si on ne veut pas de péridurale en cas d’anesthésie en urgence.

-Prélèvement vaginal en fin de grossesse : détecte une bactérie appelée le Streptocoque B. La transmission au bébé n’est pas vraiment fréquente mais l’infection a des effets graves sur lui. Pour cela, on met simplement des antibiotiques pendant le travail ou dès la rupture de la poche des eaux.

-Trois échographies : une de datation de la grossesse vers 12 SA (semaines d’aménorrhée=retard de règles), une de morphologie (examen du fœtus) vers 22 SA, et une de croissance (voir s’il grandit bien) vers 32 SA.

Enfin, on a besoin d’une consultation avec un anesthésiste

Si vous ne comprenez pas certaines choses, vous pouvez demander à la personne qui vous suit ou vous pouvez me demander.

09/06/2010

Près de 7 femmes sur 10 n'ont pas bénéficié d'un entretien individuel au cours de leur quatrième mois de grossesse

une_sage_femme_rien_que_pour_vous_L240_H230.png

 

Plus de 66% de femmes enceintes entre 2004 et 2009 n'ont pas su qu'elles pouvaient profiter d'un entretien au quatrième mois de leur grossesse, selon une menée par l'Union nationale des associations familiales (Unaf) et le Collectif interassociatif autour de la naissance (Ciane), publiée ce mercredi 2 juin. Cet entretien, qui fait partie des mesures phares du plan périnatalité 2005-2007, vise à découvrir et mettre en avant les attentes et besoins des futurs parents.

Pourtant, les femmes ayant assisté à cet entretien individuel ont globalement été satisfaites. Ainsi, la plupart d'entre elles ont déclaré que cela leur avait "permis d'avoir des repères rassurants" ou se sont senties "entourées et écoutées" à l'issu de la séance.

En outre, près de 20% des femmes interrogées ont déclaré qu'elles n'avaient assisté ni à l'entretien individuel du quatrième mois, ni aux de préparation à l'accouchement. De même, près de 40% des femmes n'ont pas reçu de carnet de de maternité en amont ou à l'issue de leur accouchement.

L'enquête révèle également que le panel aurait préféré bénéficier de consultations plus longues au cours du suivi médical de la grossesse. Ainsi, 54% des femmes interrogées ont eu des consultations médicales d'une durée variant entre 10 et 20 minutes, 34% de plus de 20 minutes, et 7% de moins de 10 minutes.

Dans l'ensemble, les femmes interrogées pour l'enquête regrettent le manque de soutient dont elles ont bénéficié à la sortie de la structure médicale. Néanmoins, 29% d'entre elles ont été entourées par une personne de la protection maternelle, 16% par une sage femme, 13% par un médecin généraliste, 12% par un pédiatre et 4% par un gynécologue.

Selon l'étude, près de 40% des femmes ayant accouché entre 2004 et 2009 ont été victimes de complications au cours de l'accouchement. Cela concerne essentiellement des prématurités, des grossesses gémellaires, des césariennes ou des péridurales ratées.

Enfin, l'étude rapporte que la plupart des femmes ayant accouché avant 2004 n'ont pas constaté d'améliorations significatives en matière de sécurité, de soutien psychologique, d'écoute ou de préparation à l'accouchement, après le lancement du plan périnatalité 2005-2007.

Cette enquête a été menée par l'Union nationale des associations familiales (Unaf) et le Collectif interassociatif autour de la naissance (Ciane), au second semestre 2009, auprès de 952 Françaises ayant accouché entre 2004 et 2009.

 

Source : Le parisien

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu