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09/09/2010

Les infections à gonocoques en forte progression en France

bactérie.jpgLa hausse de ces infections sexuellement transmissibles reflète la progression de rapports à risque.

Tous les indicateurs vont dans le même sens : les infections à gonocoques progressent fortement en France. Et la tendance est d'autant plus alarmante que ces infections sexuellement transmissibles (IST) sont le reflet des comportements sexuels à risque. Entre 2008 et 2009, les gonorrhées (encore appelées blennorragies ou plus familièrement chaude-pisse chez les hommes) ont bondi de 52 % en France, estime l'Institut de veille sanitaire (IVS), qui s'appuie sur deux réseaux de surveillance spécialisée. Leur constat est corroboré par celui des généralistes du réseau Sentinelles, qui surveille les urétrites masculines.

Selon l'IVS, la progression est légèrement moins importante en Ile-de-France (+ 38 %) avec une relative stabilité chez les femmes. Dans les autres régions, l'augmentation du nombre de cas (+ 54 %) est en revanche patente dans les deux sexes : + 51 % chez les hommes et + 75 % chez les femmes. «Les gonococcies ont commencé à augmenter vers 1996, mais leur croissance s'accélère, précise le Dr Anne Gallay, de l'IVS. Les hétérosexuels semblent de plus en plus concernés, comme pour d'autres IST telles que la ­syphilis.»


Risque de stérilité

Chez l'homme, une infection par des gonocoques entraîne une urétrite aiguë (avec pus, brûlures urinaires), qui passe rarement inaperçue. Le délai entre la contamination et le début des symp­tômes est très court - entre trois et cinq jours. Au total, entre 15 000 et 20 000 hommes (souvent jeunes) seraient concernés ­chaque année en France.

Les estimations sont nettement plus complexes pour le sexe féminin où ces infections, peu symptomatiques, amènent rarement à consulter. «On ne sait pas quelle est la fréquence chez les femmes, et c'est un souci car, ne se dépistant pas, elles participent à la transmission de ces germes», continue Anne Gallay.

Certes, les gonococcies sont souvent des infections bénignes, qui guérissent avec un traitement antibiotique adapté. Mais leur progression pose deux problèmes de santé publique. Non ou mal soignées, elles peuvent évoluer vers des infections chro­niques - avec un risque de stérilité chez la femme, et elles favorisent d'autres IST.


Un relâchement des comportements

Surtout, les gonococcies sont un bon indicateur des comportements sexuels à risque. Leur progression révèle donc une augmentation des pratiques à risque. Au début des années sida, les actions de prévention (par le port de préservatifs) avaient permis de réduire la fréquence des IST. Depuis, des enquêtes ont décrit un relâchement des comportements, notamment dans les milieux homosexuels. «Par ailleurs, le contexte de la sexualité a beaucoup évolué chez les moins de 30 ans, ajoute le Dr Gallay. Il y a davantage de rencontres occasionnelles et de multipartenaires, ce qui peut favoriser les IST.»

Face à cette évolution, les messages de prévention par le préservatif restent indispensables, «mais il est difficile de tout axer là-dessus», estime l'épidémiolo­giste. Il faut aussi mettre l'accent sur le dépistage précoce, en incitant les jeunes à consulter en cas de prise de risque ou de symptômes.

Selon le Dr Gallay, une réflexion est en cours pour réorganiser le système actuel de dépistage des IST. Avec la difficulté que ces infections ne touchent pas toutes les mêmes tranches d'âge, et que leur délai d'incubation est très variable.

Par Sandrine Cabut


30/08/2010

Cancer du sein : la France peine à réduire la mortalité

En vingt ans, la mortalité n'a diminué que de 11 %, alors qu'elle a chuté de plus de 20 % dans beaucoup de pays européens.
cancer du sein.jpg


Mention très bien pour le Royaume-Uni, «peut mieux faire» pour la France. Les femmes européennes sont loin d'être égales devant le risque de décès par cancers du sein, selon une étude du Centre international de recherche sur le cancer, qui vient d'être publiée sur le site Internet du British Medical Journal. Ces vingt dernières années, la mortalité due à ces tumeurs a diminué dans la majorité des trente pays d'Europe, mais il existe de grandes disparités, constatent les auteurs qui se disent surpris par les résultats décevants de la France, la Suède et la Finlande.

Alors qu'ils ont engagé des moyens importants dans le dépistage et la prise en charge de ces cancers, ces trois pays n'ont enregistré qu'une baisse modeste de la mortalité entre 1989 et 2006 : 11 % en France, 12 % en Finlande et 16 % en Suède. Des scores qui contrastent avec la chute d'au moins 20 % relevée dans 15 des 30 États étudiés. Les taux records ont été obtenus en Islande avec une chute de 45 % sur la même période et de 35 % en Angleterre. Lanterne rouge dans ce domaine à la fin des années 1980 (avec un taux de mortalité de 42 pour 100 000 femmes) le Royaume-Uni a pris depuis le taureau par les cornes, relèvent les auteurs. Au total, seules la Grèce, l'Estonie, la Lettonie et la Roumanie ont enregistré une hausse de cet indicateur.

«Nous avons choisi d'étudier la mortalité car c'est un paramètre qui reflète l'ensemble de la chaîne, depuis la détection de ces cancers jusqu'à l'efficacité des traitements, précise le Dr Philippe Autier, premier auteur de l'article, qui travaille au Centre international de prévention (Lyon). Notre hypothèse de départ était que les pays avec un bon programme de dépistage et un système performant de prise en charge devaient voir leur mortalité diminuer.»

D'où leur étonnement devant les performances mitigées de la France, nation du plan cancer. Selon les données analysées, issues notamment des registres de l'Organisation mondiale de la santé, la mortalité par cancer du sein, n'y a diminué que de 11 % ces deux dernières décennies. Et en 2006, la France est seulement classée en milieu de tableau européen avec un taux de mortalité de 25,6 pour 100 000 femmes. «C'est l'un des pays qui a le meilleur accès aux soins, c'est aussi l'un de ceux où le nombre de mammographies par femme est le plus élevé. Il y a des efforts considérables et le résultat n'est pas à la hauteur», juge Philippe Autier.


Nouvelles molécules

Pour cet épidémiologiste, ce décalage n'est absolument pas une remise en cause de la politique de dépistage. Cette situation complexe relève sans doute de plusieurs facteurs, dont certains ont déjà été pointés par des experts. «Il y a peu d'informations sur les résultats du dépistage en dehors du programme national . Or un tiers à la moitié des femmes ont des mammographies hors de ce cadre, avance le Dr Autier. De même, à part dans les grands centres de traitement, on manque de données précises sur la façon dont les femmes sont prises en charge pour leur cancer.»

Un constat sévère, relativisé par le Dr Martine Le Quellec-Nathan, directrice générale adjointe de l'Institut national du cancer. «Le plan cancer a démarré en 2003 et il est prématuré d'évaluer les effets sur la mortalité», estime-t-elle. Concernant le programme de dépistage organisé, qui a été généralisé en 2004, c'est effectivement le seul qui est bien encadré et peut être correctement évalué, admet la directrice adjointe de l'Inca. «Il est donc important de continuer à augmenter la participation, aujourd'hui de 53,7 %», insiste-t-elle. Quant à l'amélioration de la qualité des soins, c'est aussi, rappelle le Dr Le Quellec-Nathan, une des priorités du plan cancer 2009-2013. Bonne nouvelle, pour l'Inca comme pour les auteurs de l'étude, la baisse de la mortalité par cancer du sein devrait se poursuivre dans les années à venir, où l'on attend aussi l'impact de la dernière génération de molécules.


Par Sandrine Cabut, Figaro 13/08/10

http://www.lefigaro.fr/sante/2010/08/13/01004-20100813ARTFIG00519-cancer-du-sein-la-france-peine-a-reduire-la-mortalite.php

 
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