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23/11/2010

"urgence sein", une consultation unique à l'APHP



Avec plus de 52 000 nouveaux cas estimés en 2010 en France, le cancer du sein est le plus fréquent des cancers chez la femme. Il reste également, avec plus de 11 000 décès estimés en 2010, au premier rang des décès par cancer chez la femme, malgré une évolution à la baisse depuis 2000 (-1,3 % par an en moyenne entre 2000 et 2005). Le cancer du sein est un cancer de bon pronostic. Détecté à un stade précoce, la survie relative à 5 ans est supérieure à 90 %. D’où l’intérêt de pouvoir dépister tôt ce cancer afin de le traiter efficacement.

L’hôpital Jean Verdier de Bondy (93) a mis en place une consultation « urgence sein » dédiée au diagnostic et à la prise en charge précoce des cancers du sein. En s’appuyant sur des outils diagnostics particuliers et une organisation optimisée, la consultation pluridisciplinaire accueille plus de cent femmes chaque année. Entretien avec le Dr Anabela RODRIGUES, gynécologue.

Comment est née la consultation « urgence sein » ?

La mise en place de cette consultation a été initiée par l’ancienne chef de service aujourd’hui à la retraite. Elle est désormais assurée par le Dr Alexandre Bricou et moi-même, gynécologues. Nous avons une consultation spécifique le mardi matin pour les patientes qui ont une lésion susceptible d’être cancéreuse, et qui est classée ACR 4 ou 5 (classification American College of Radiology). La patiente doit déjà avoir réalisé une mammographie ou une échographie au préalable. La patiente elle-même ou son médecin appelle la consultation et obtient un rendez-vous dans les huit à dix jours. Lorsque nous les voyons en consultation le mardi, nous pouvons les envoyer en radiologie le jour-même, pour réaliser une biopsie sous échographie. Cette technique n’est possible que si la lésion est visible à l’échographie. Nous les revoyons le vendredi pour donner le diagnostic. Entre temps, le dossier est vu en réunion de concertation pluridisciplinaire, avec les chirurgiens, les radiothérapeutes, chimiothérapeutes, anatomo-pathologistes et radiologues. Ensemble, nous élaborons une stratégie de traitement.

Comment se passe l’annonce du diagnostic ?

Si un cancer est diagnostiqué, la consultation du vendredi est préparée pour présenter à la patiente le schéma de traitement. Nous la recevons avec une « infirmière d’annonce » pendant 45 minutes à une heure. Nous lui expliquons le protocole de soins et lui remettons un document de synthèse qui comprend également toutes nos coordonnées. L’infirmière d’annonce revoit la patiente quelques jours plus tard. Il est important qu’elle réexplique les choses et réponde à toutes les interrogations. C’est pourquoi elle y consacre le temps nécessaire. Nous nous chargeons ensuite d’organiser et de coordonner les rendez-vous. Nos patientes apprécient d’avoir l’information dès que possible, même s’il s’agit d’une veille de week-end. Nous pouvons proposer un soutien psychologique immédiat et nous faisons en sorte que les patientes identifient bien leurs interlocuteurs car il leur est plus facile de parler ensuite.

Qu’est-ce qui fait l’originalité de cette consultation « urgence sein » ?

Notre consultation est unique à l’AP-HP dans le sens où la rapidité du diagnostic et l’élaboration d’un schéma thérapeutique demandent une grande coordination des intervenants. Les gynécologues, radiologues, anatomo-pathologistes, etc., ont des plages de temps dédiées à cette consultation pluridisciplinaire, ce qui permet d’organiser la prise en charge coordonnée du patient de façon optimale. D’autre part, les patientes se voient remettre un « projet personnalisé de soins » qui précise la stratégie retenue, les étapes, le planning, les traitements, etc. Sur les 120 cancers du sein pris en charge dans notre unité, une centaine provient de la consultation « urgence sein ».


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Julie BENDAHMAN, infirmière de consultation d’annonce depuis 3 ans en Gynécologie.

Après le temps médical, où l’annonce du diagnostic de cancer est faite, vient le temps soignant. C’est un temps d’accompagnement où je reçois le patient avec sa famille s’il le désir. Je suis là pour écouter, reformuler et informer.

Ecouter le patient est primordial. Savoir qu’une personne est disponible pour lui le rassure. Cela permet également de connaître ses préoccupations et ainsi de l’orienter vers d’autres professionnels si nécessaire tel que l’assistante sociale, la psychologue….

Durant ce temps d’écoute on reformule les explications du médecin, parfois dans un langage plus accessible pour qu’il ne se sente pas perdu. On réexplique le projet thérapeutique : intervention chirurgicale, chimiothérapie, hormonothérapie ainsi que leurs effets secondaires.

Enfin on l’informe de toutes les structures pouvant être utiles pour lui dans la suite de sa prise en charge comme le nom des associations qui offrent des services le concernant (atelier, groupe de paroles…) ou encore comment trouver des professionnels comme les prothésistes (prothèses mammaires ou capillaires…).

Le temps infirmier permet de créer un lien avec le patient, il sait que je suis disponible, il sait qu’il peut appeler ou qu’il peut venir, c’est un repère pour lui.

17:35 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cancer du sein

30/08/2010

Cancer du sein : la France peine à réduire la mortalité

En vingt ans, la mortalité n'a diminué que de 11 %, alors qu'elle a chuté de plus de 20 % dans beaucoup de pays européens.
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Mention très bien pour le Royaume-Uni, «peut mieux faire» pour la France. Les femmes européennes sont loin d'être égales devant le risque de décès par cancers du sein, selon une étude du Centre international de recherche sur le cancer, qui vient d'être publiée sur le site Internet du British Medical Journal. Ces vingt dernières années, la mortalité due à ces tumeurs a diminué dans la majorité des trente pays d'Europe, mais il existe de grandes disparités, constatent les auteurs qui se disent surpris par les résultats décevants de la France, la Suède et la Finlande.

Alors qu'ils ont engagé des moyens importants dans le dépistage et la prise en charge de ces cancers, ces trois pays n'ont enregistré qu'une baisse modeste de la mortalité entre 1989 et 2006 : 11 % en France, 12 % en Finlande et 16 % en Suède. Des scores qui contrastent avec la chute d'au moins 20 % relevée dans 15 des 30 États étudiés. Les taux records ont été obtenus en Islande avec une chute de 45 % sur la même période et de 35 % en Angleterre. Lanterne rouge dans ce domaine à la fin des années 1980 (avec un taux de mortalité de 42 pour 100 000 femmes) le Royaume-Uni a pris depuis le taureau par les cornes, relèvent les auteurs. Au total, seules la Grèce, l'Estonie, la Lettonie et la Roumanie ont enregistré une hausse de cet indicateur.

«Nous avons choisi d'étudier la mortalité car c'est un paramètre qui reflète l'ensemble de la chaîne, depuis la détection de ces cancers jusqu'à l'efficacité des traitements, précise le Dr Philippe Autier, premier auteur de l'article, qui travaille au Centre international de prévention (Lyon). Notre hypothèse de départ était que les pays avec un bon programme de dépistage et un système performant de prise en charge devaient voir leur mortalité diminuer.»

D'où leur étonnement devant les performances mitigées de la France, nation du plan cancer. Selon les données analysées, issues notamment des registres de l'Organisation mondiale de la santé, la mortalité par cancer du sein, n'y a diminué que de 11 % ces deux dernières décennies. Et en 2006, la France est seulement classée en milieu de tableau européen avec un taux de mortalité de 25,6 pour 100 000 femmes. «C'est l'un des pays qui a le meilleur accès aux soins, c'est aussi l'un de ceux où le nombre de mammographies par femme est le plus élevé. Il y a des efforts considérables et le résultat n'est pas à la hauteur», juge Philippe Autier.


Nouvelles molécules

Pour cet épidémiologiste, ce décalage n'est absolument pas une remise en cause de la politique de dépistage. Cette situation complexe relève sans doute de plusieurs facteurs, dont certains ont déjà été pointés par des experts. «Il y a peu d'informations sur les résultats du dépistage en dehors du programme national . Or un tiers à la moitié des femmes ont des mammographies hors de ce cadre, avance le Dr Autier. De même, à part dans les grands centres de traitement, on manque de données précises sur la façon dont les femmes sont prises en charge pour leur cancer.»

Un constat sévère, relativisé par le Dr Martine Le Quellec-Nathan, directrice générale adjointe de l'Institut national du cancer. «Le plan cancer a démarré en 2003 et il est prématuré d'évaluer les effets sur la mortalité», estime-t-elle. Concernant le programme de dépistage organisé, qui a été généralisé en 2004, c'est effectivement le seul qui est bien encadré et peut être correctement évalué, admet la directrice adjointe de l'Inca. «Il est donc important de continuer à augmenter la participation, aujourd'hui de 53,7 %», insiste-t-elle. Quant à l'amélioration de la qualité des soins, c'est aussi, rappelle le Dr Le Quellec-Nathan, une des priorités du plan cancer 2009-2013. Bonne nouvelle, pour l'Inca comme pour les auteurs de l'étude, la baisse de la mortalité par cancer du sein devrait se poursuivre dans les années à venir, où l'on attend aussi l'impact de la dernière génération de molécules.


Par Sandrine Cabut, Figaro 13/08/10

http://www.lefigaro.fr/sante/2010/08/13/01004-20100813ARTFIG00519-cancer-du-sein-la-france-peine-a-reduire-la-mortalite.php

 
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