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11/08/2010

Hommes en maternité

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J’ai récemment été confrontée à une affaire délicate en salle de naissance.
J’avais une patiente en tout début de travail que je suivais seule.
Elle était avec sa sœur. De l’autre coté, j’avais un étudiant sage-femme homme ( comme il y en a de plus en plus), qui fit preuve de bonne volonté en me disant qu’il voulait travailler.

Il va donc se présenter à ma patiente, et revient 2 minutes après en me disant qu’elle avait refusé qu’il la suive.
Me souvenant de mes propres études, je suis donc solidaire et rentre dans la chambre, expliquant à madame que cet homme a pour futur métier le même que le mien, qu’il est très compétent, qu’il va m’aider etc.
Elle refuse encore une fois, avec le sourire, expliquant qu’elle a une pudeur très prégnante.
Je lui explique que nous sommes dans un service d’urgence, et que s’il n’y a que des hommes pour s’occuper d’elle, elle n’a pas le choix. Que si c’est un médecin homme qui doit s’occuper d’elle en cas de problème, elle n’a pas son mot à dire.
Elle me répond avec le sourire qu’aujourd’hui, il y a des femmes, et que la situation n’est pas de l’ordre de l’urgence extrême.
Et j’acquiesce. Effectivement, dans notre cas, elle a encore le choix. Tout se déroule bien et je suis là, moi, une femme, pour m’occuper d’elle, avec son intimité.

J’étais balancée entre la pudeur de ma patiente qu'il fallait respecter et l’apprentissage continu de mon étudiant sage-femme, disqualifié dès que cette situation se produit.
Il m’a expliqué après qu’hélas, cette situation se répète de temps en temps, et que c’était difficile pour lui parfois de trouver sa place en maternité.

C’est dommage car la place de l’étudiant à l’hôpital est à considérer : ayant plus de temps que le professionnel de santé, il peut parfois (comme dans le cas d’une femme en travail sans péridurale) accompagner le patient, rester à ses côtés. Plus que le professionnel qui a d’autres responsabilités. Ce besoin des patients est non dit et pourtant, chacun sait que quand il se retrouve dans un lit d’hôpital, le fait d’être accompagné change tout.

10/08/2010

Pudeur

Etre à l’hôpital, c’est déjà quelque chose. Se faire papouiller un bout de bras, de pied, de nez, c’est aussi quelque chose. En effet, notre chair, notre corps est remis à l’équipe médicale. A la maternité, ce n’est pas un bout de membre qui est analysé et traité, c’est la partie la plus secrète de la personne, sa plus grande nudité : son intimité sexuelle. De plus, elle est mise en lumière sous un scialytique car c’est par là que tout passe, si je puis dire : la vie, l’enfant qui arrive, passe par cette zone, qui est souvent très taboue. Cette partie secrète que l’on ne dévoile qu’à très peu de personnes côtoie le domaine du sacré. Comment faire alors pour ne pas brusquer ces mères ?

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06/08/2010

Le projet de naissance (bis)


L’exemple type quant à l’investissement de son accouchement est celui de la position : récemment une patiente arrive à dilatation complète (va accoucher bientôt). Pas de bilan de péridurale, donc pas de péridurale…Je l’accompagne mais le RCF du bébé se dégrade, il faut s’installer pour accoucher. « Allez, madame, on se met en position d’accouchement, sur le dos, allez à la prochaine contraction vous poussez car le bébé doit sortir vite. » Et la patiente n’a jamais accepté de pousser, elle a paniqué. Le RCF du bébé ne récupérant pas, j’appelle les médecins pour qu’ils m’aident. Finalement, au bout de trente minutes de refus de pousser, elle a été endormie pour pouvoir aider ce bébé à sortir. Une fois dehors, l’enfant récupère. Je me suis beaucoup remise en question, pourquoi en est on arrivés là, qu’aurais je dû faire de plus ? Cette maman n’a tout de même rien vu de la naissance de son enfant !

Je suis allée voir cette patiente en suites de couches (les jours suivants l’accouchement), nous avons bien parlé. Elle m’a déclaré avoir vécu la même chose pour son premier accouchement. J’émets l’idée qu’il faudra réfléchir un peu à ça, pourquoi refuse-t-elle de pousser ? Je lui demande si, si elle avait été dans une autre position cela lui aurait convenu. Elle ne savait pas, mais a reconnu qu’il fallait y réfléchir pour une prochaine grossesse !

01/08/2010

Le projet de naissance

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Rien de plus agréable pour une sage-femme que des parents qui arrivent le jour de l’accouchement avec des envies pour ce grand jour, des idées !
On a beau dire, cette volonté de toute puissance du soignant sur le patient est moins présente qu’on ne le croit : si une patiente a des idées différentes des miennes, qui ne la mettent pas en danger, je vais volontiers changer mes pratiques et apprendre de nouvelles choses, vivre d’autres expériences : cela peut alors devenir très stimulant ! Moins de monotonie pour nous soignants, et des familles satisfaites qui s’accomplissent !

Il est à la mode actuellement de rédiger un projet de naissance, avant le jour J, d’arriver avec ou de le mettre dans le dossier. C’est encore assez peu commun mais cela éveille l’attention des soignants.
En revanche cela est assez désagréable si la chose est peu réfléchie, et imposée à l’équipe, comme la fois où un jeune couple est arrivé avec un projet de naissance ‘copié-collé’ d’internet, un projet non personnalisé :

- « pas de perfusion » Et si la maman fait un malaise, si elle fait une hémorragie, si le RCF du bébé se dégrade et qu’on doit le sortir en urgence par césarienne ?
Je ne suis pas pour une hypermédicalisation, mais je suis pour la sécurité minimale !
-« ne pas percer la poche des eaux artificiellement ».Quand le travail stagne trop longtemps, cela peut être l’alternative à une césarienne, c’est une autre façon de pouvoir faire avancer les choses.
-« ne pas faire d’épisiotomie » : aujourd’hui, elle n’est plus jamais systématique. Si parfois on la pratique encore, c’est qu’elle peut éviter des lésions gravissimes de la sphère génitale, qu’elle peut aussi accélérer l’accouchement quand un bébé va mal, quand son cœur ralentit.
- « ne pas couper le cordon jusqu’à ce qu’il arrête de battre » D’accord, mais si on doit s’occuper rapidement de l’enfant parce qu’il est mal ?
-« ne pas lui mettre de collyre dans les yeux » Certains germes qui se trouvent parfois dans la flore vaginale sont très pathogènes, pouvant donner une conjonctivite néonatale.

Nous faisons les choses dans la réflexion et expliquons ce que nous faisons aux parents ! Si pour une raison x ou y, nous l’oublions parce qu’il faut aller vite, n’hésitez pas à nous demander gentiment ce que nous sommes en train de faire !

De plus, les demandes d’ambiance, de musiques, sont en général bien accueillies : des parents sereins qui prennent possession de leur accouchement, de la salle sont rassurants pour l’équipe, qui sait bien qu’un accouchement est avant tout quelque chose de naturel.

Il y a donc un respect du projet parental avec tout de même des mesures de sécurité minimale. Les parents reconnaissent ce bien fondé après la naissance de leur enfant, au vu de la rapidité de la prise en charge des problèmes majeurs.


10:09 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (2)

 
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