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02/06/2010

Programme de Recherche infirmière : 15 projets financés

 

Le ministère de la santé annonce le financement de 15 projets pour le programme hospitalier de recherche infirmière (PHRI), qui se dérouleront sur trois ans, dans un communiqué publié mardi.

Avec le PHRI lancé en septembre 2009, le ministère de la santé souhaite promouvoir le développement de la recherche infirmière, encore balbutiante en France, alors que la profession est entrée dans le processus LMD (licence-master-doctorat).

Le ministère prévoit d'étendre ce programme aux autres professions paramédicales à partir de l'an prochain.

Le PHRI est destiné à apporter un soutien financier aux infirmiers souhaitant améliorer la sécurité et le confort du patient et faire évoluer les soins hospitaliers, à travers un projet de recherche en soins infirmiers, indique le ministère dans son communiqué.

Au total, plus de 80 projets de recherche en soins infirmiers ont été déposés et examinés par un comité de sélection, composé de médecins et d'infirmiers, et 15 d'entre eux ont finalement été retenus, sur des sujets très variés.

Au CHU de Limoges, l'objectif est de chercher à connaître la forme d'assiette la plus adaptée pour les personnes âgées démentes et à travers un autre projet, de mesurer les bénéfices de la musicothérapie sur la douleur lors des changements de pansements.

A l'hôpital Robert Debré à Paris (AP-HP), le projet cherche à mesurer l'impact de l'hypnose sur l'anxiété des enfants avant une anesthésie et au CHU d'Angers, un projet a pour objectif d'étudier l'impact de l'hypnose sur la douleur dans les soins gynécologiques ambulatoires tandis qu'une étude prospective randomisée est menée pour évaluer l'effet de l'humidification sur le confort du patient recevant une oxygénothérapie.

A l'hôpital Beaujon de Clichy (Hauts-de-Seine, AP-HP), le projet concerne la standardisation des soins infirmiers pour la surveillance des patients atteints d'encéphalopathie hépatique et hospitalisés en réanimation. A Sainte-Anne (Paris), il porte sur l'impact d'une pratique infirmière centrée sur la perception corporelle dans l'anorexie mentale et à l'hôpital Louis Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine, AP-HP), sur la prise en charge de la fin de vie par les équipes soignantes.

A l'hôpital Avicenne de Bobigny (AP-HP), le projet concerne la qualité d'une consultation infirmière comparée à une consultation médicale en médecine du voyage. Au groupe hospitalier Pellegrin de Bordeaux, il concerne la validation d'une échelle d'évaluation du risque de constipation des patients hospitalisés.

A l'institut Curie (centre de lutte contre le cancer CLCC, Paris et Saint-Cloud, Hauts-de-Seine), le projet retenu concerne l'étude de la flore intestinale et l'impact du biofilm sur les plaies tumorales responsables d'odeurs nauséabondes et de majoration du risque infectieux.

Enfin le Samu-Smur de Corbeil-Essonnes (Essonne) a été retenu pour un projet portant sur l'évaluation des concentrations et de l'homogénéité des principes actifs dans une seringue électrique.

 

http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG/pdf/resultats_PHRI_2010.pdf

 

28/05/2010

Prévention

 

Lors d’une de mes gardes de nuit en salle de naissance, arrivent les pompiers avec une pauvre patiente à 7-8 mois de grossesse.

Cette patiente n’était pas suivie dans notre structure, mais ayant violemment glissé à la piscine et s’étant probablement fracturé le coccyx, ils l’avaient emmené au plus proche, ie chez nous.

Pauvre patiente, sa douleur était « exquise » (terme médical désignant un type particulier de douleur), elle en pleurait.

Je vérifie en premier lieu que son bébé n’a rien, l’interne fait en plus une échographie qui montre que tout va bien pour lui. Evidemment, lui aussi est dans sa piscine, mais plus en sécurité !

Après cela, nous attendons les brancardiers pour qu’ils l’emmènent en service de traumatologie.

Entretemps, le père arrive, un peu ému, lui donne quelques biscuits, un peu d’argent et au bout d’une demi-heure s’en va. Je me dis qu’ils ont déjà un premier enfant, alors il faut bien qu’il rentre chez lui. Il donne aussi des biscuits à l’équipe. Je dis merci monsieur, c’est gentil.

 

Je ne sais pas pourquoi, j’ai alors posé la question fatidique : « il est gentil avec vous votre mari ? » Et elle de me répondre « Oui, oui. » Blanc. « Maintenant, oui. ». Ah. La bombe est posée. Et là commence la longue confession sur les violences conjugales subies. Le contenu importe peu, ce qui compte dans cette histoire c’est qu’elle en ait parlé, qu’elle pose ses mots à elle, sa décision de ne plus tolérer ça, cet alcoolisme, cette absence et cette violence, avec l’arrivée du 2ème bébé. Je lui ai fait promettre de continuer à en parler (c’était la première fois qu’elle en parlait), notamment aux assistantes sociales et psychologues. Même si je ne me fais pas d’illusions sur la guérison du mari, ni sur la capacité à fermer les yeux de madame dans cette situation bien enlisée, j’ai bon espoir que le simple fait d’avoir déposé toute cette horreur lui a fait du bien.

 

Je continuerai donc à poser cette fameuse question « il est gentil avec vous votre mari? », même si parfois ça tombe à l’eau, et même si c’est ridicule puisque tout va bien.

Car les nombreuses fois où la réponse était négative, cela a servi.

25/05/2010

Faut-il utiliser les patchs nicotine quand on est enceinte ?

 

On sait que de plus en plus de femmes fument et sont frappées par les conséquences douloureuses de cette pratique. L’Institut de veille sanitaire (InVS) vient juste d’annoncer que la mortalité des femmes par cancer du poumon s’accroît de près de 7% par an, depuis 1997, à partir d’une d’une étude réalisée par l’Institut en cancérologie Gustave Roussy (IGR).

La grossesse est un moment crucial pour trouver la motivation d’arrêter. C’est à ce moment que j’ai moi-même arrêté de fumer. Je ne suis vraiment pas certaine que j’y serai parvenu sans cette motivation : ne pas intoxiquer mon tout petit bébé… Il est maintenant assez clairement documenté que le tabagisme augmente le risque de complications fœtales et maternelles.

12.png.jpgMalgré tout, si je conseille aux femmes enceintes de laisser de côté la cigarette, au moins le temps de leur grossesse (quoi que l’on sache aussi que même si l’on fume hors de la présence des enfants, on retrouve des traces de nicotine et autres goudrons dans leur cheveux malgré tout), je ne suis pas en faveur de la culpabilisation.

Il est difficile d’arrêter de fumer, c’est un fait. Alors comment aider les futures mamans ?

D’où l’utilité des traitements nicotiniques comme le patch. Sont-ils efficaces pendant la grossesse ?

Une étude, financée par le Ministère de la santé est actuellement en cours, en France, organisée par l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Unité de Recherche Clinique de la Pitié-Salpetrière. Son objectif : l’évaluation des traitements substitutifs nicotiniques (TSN) chez les femmes enceintes.

Concrètement, l’étude recrute par l’intermédiaire de l’Institut national d’éducation et de prévention pour la santé (INPES) 400 femmes enceintes fumeuses, désireuses d’arrêter de fumer qui bénéficieront d’un traitement substitutif (patch transdermique) gratuit. Baptisée SNIPP (Study on Nicotine Patch in Pregnancy), elle est organisée par l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris et réalisée sur l'ensemble du territoire français. Elle s’achèvera en novembre 2011 et j’attends avec impatience les résultats…

Pourquoi une telle étude ? Il faut savoir que les substituts nicotiniques sont autorisés depuis 1997 pour les femmes enceintes, même si leur efficacité n’a pas été testée sur cette cible. Après tout, le fait d’être enceinte conduit des bouleversements hormonaux, physiques et émotionnels : rien ne dit que les conditions soient réunies pour une efficacité optimale… Une étude menée au Danemark en 2001 a montré qu’ils avaient une efficacité faible (taux d’abandon faible et peu différent du taux enregistré avec placebo). Il semble que passé le premier trimestre les femmes enceintes assimilent rapidement la nicotine : le substitut est donc peu utile. Il existe donc un risque d’abus de ces produits, générateur d’effets indésirables.

Concrètement, comment l’étude va-t-elle être mise en place ? Dix-sept centres hospitaliers vont participer au programme. Les femmes enceintes participantes seront suivies jusqu’à deux mois après leur accouchement par des spécialistes du sevrage tabagique.

Deux objectifs sont poursuivis et mesurés :

Les TSN sont-ils efficaces ? Le taux d’abstinence dès la mise du patch jusqu’à l’accouchement sera analysé ;

Les TSN sont-ils inoffensifs ? (estimation des signes vitaux de la mère, notamment de son poids corporel, évolution du bébé avec l’analyse des échographies du fœtus, caractéristiques du nouveau-né (Apgar, taille, circonférence de la tête…))

L’étude j’espère permettra d’en savoir un peu plus long sur ce qu’il faudrait conseiller aux mamans… J’ai tendance à faire la différence entre des « petites » fumeuses (quelques cigarettes par jour) et des fumeuses vraiment accro. Il faut aussi tenir compte des complications de la grossesse, notamment les enjeux d’hypertension et de pré-éclampsie, mais aussi le stress éventuel de la maman et sa capacité à vivre à la fois une grossesse et un arrêt du tabac.

14/05/2010

Mots magiques

J’ai récemment été choquée par la façon dont un médecin m’a parlé.

Aucune perversion, juste un manque sidérant de respect. Je dis médecin mais cela aurait pu être un tout autre protagoniste de l’hôpital, même une collègue sage-femme. Mais il se trouve que c’est cette personne là qui traite son entourage de la sorte, et il est « connu » pour ça.

Il a permis ainsi qu’un grand désarroi vienne troubler mon travail.

La 2ème fois que c’est arrivé, j’ai voulu utiliser cette fameuse capacité à rebondir (la résilience, ou ‘coping’ en anglais). J’ai décidé de passer à autre chose, d’oublier cet incident (humiliant qui plus est) et de me concentrer sur les besoins de ma patiente.

M’est quand même venu à l’idée que nous sommes des SOIGNANTS. Et qu’en tant que soignants, si nous ne nous soignons pas nous-mêmes, cela a un impact sur les soins délivrés. Donc sur les PATIENTS.

De façon générale, c’est vrai qu’entre professionnels, nous nous parlons avec respect. Mais nous ne devons pas laisser passer ces marques de mépris qui viennent détruire le moral des troupes, si je puis dire. Le monde de l’hôpital est assez dur comme cela.

Je pense que cet individu a des soucis d’ordre personnel, sinon il n’en serait pas arrivé là.

Simplement je pense qu’il doit savoir les mettre de côté quand il enfile sa blouse de soignant.

C’est vrai dans le monde de l’entreprise, c’est d’autant plus vrai à l’hôpital, où l’humain se joue en permanence.

 
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