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29/11/2010

Grossesse et précarité

Récemment, j’ai eu dans mon service (urgences de la maternité, salle de naissance) une patiente qui venait avec ses deux enfants (5 et 7 ans) d’Italie. Elle fuyait son mari violent.

Elle avait déjà essayé de se faire aider là bas (services sociaux, police…) mais n’avait rien pu faire.
Je ne sais pas pourquoi elle est venue en France, avec quelques euros en poche, dans l’espoir qu’une structure l’aide en France. Peut être a-t-elle eu les conseils d’une de ses amies.

Au niveau obstétrical, elle était enceinte de 6 mois et s’est présentée pour qu’on la prenne en charge, avec ses 2 grands enfants.
J’ai appelé le Samu Social (115) (logement des sans-abris, gratuit, sans conditions d’accès) (et encore plus si la femme est enceinte). Ce sont souvent des endroits peu confortables mais au moins les personnes ont un toit pour la nuit.
Ils sont tellement sollicités ces temps ci que j’ai mis plus de 40 minutes pour les avoir.

La personne a été adorable, mais elle ne pouvait aider ma patiente et ses enfants que pour une nuit. Elle m’a expliqué que la personne devait essayer de retourner en Italie le lendemain car elle dépendait de la police italienne et des services sociaux italiens.
C’est vrai que cette histoire est compliquée car cette personne est italienne et qu’ici il y a déjà assez de demandes et de besoins, mais la question de l’accueil des étrangers se pose. (En plus ici dans un cas d’urgence : fuite du mari violent, enceinte avec 2 enfants à charge)

115.jpg

Cette histoire difficile (précarité, solitude, violence, voyage, vulnérabilité) m’a vraiment touchée par ses dimensions incompatibles mais pourtant réelles.

23/11/2010

"urgence sein", une consultation unique à l'APHP



Avec plus de 52 000 nouveaux cas estimés en 2010 en France, le cancer du sein est le plus fréquent des cancers chez la femme. Il reste également, avec plus de 11 000 décès estimés en 2010, au premier rang des décès par cancer chez la femme, malgré une évolution à la baisse depuis 2000 (-1,3 % par an en moyenne entre 2000 et 2005). Le cancer du sein est un cancer de bon pronostic. Détecté à un stade précoce, la survie relative à 5 ans est supérieure à 90 %. D’où l’intérêt de pouvoir dépister tôt ce cancer afin de le traiter efficacement.

L’hôpital Jean Verdier de Bondy (93) a mis en place une consultation « urgence sein » dédiée au diagnostic et à la prise en charge précoce des cancers du sein. En s’appuyant sur des outils diagnostics particuliers et une organisation optimisée, la consultation pluridisciplinaire accueille plus de cent femmes chaque année. Entretien avec le Dr Anabela RODRIGUES, gynécologue.

Comment est née la consultation « urgence sein » ?

La mise en place de cette consultation a été initiée par l’ancienne chef de service aujourd’hui à la retraite. Elle est désormais assurée par le Dr Alexandre Bricou et moi-même, gynécologues. Nous avons une consultation spécifique le mardi matin pour les patientes qui ont une lésion susceptible d’être cancéreuse, et qui est classée ACR 4 ou 5 (classification American College of Radiology). La patiente doit déjà avoir réalisé une mammographie ou une échographie au préalable. La patiente elle-même ou son médecin appelle la consultation et obtient un rendez-vous dans les huit à dix jours. Lorsque nous les voyons en consultation le mardi, nous pouvons les envoyer en radiologie le jour-même, pour réaliser une biopsie sous échographie. Cette technique n’est possible que si la lésion est visible à l’échographie. Nous les revoyons le vendredi pour donner le diagnostic. Entre temps, le dossier est vu en réunion de concertation pluridisciplinaire, avec les chirurgiens, les radiothérapeutes, chimiothérapeutes, anatomo-pathologistes et radiologues. Ensemble, nous élaborons une stratégie de traitement.

Comment se passe l’annonce du diagnostic ?

Si un cancer est diagnostiqué, la consultation du vendredi est préparée pour présenter à la patiente le schéma de traitement. Nous la recevons avec une « infirmière d’annonce » pendant 45 minutes à une heure. Nous lui expliquons le protocole de soins et lui remettons un document de synthèse qui comprend également toutes nos coordonnées. L’infirmière d’annonce revoit la patiente quelques jours plus tard. Il est important qu’elle réexplique les choses et réponde à toutes les interrogations. C’est pourquoi elle y consacre le temps nécessaire. Nous nous chargeons ensuite d’organiser et de coordonner les rendez-vous. Nos patientes apprécient d’avoir l’information dès que possible, même s’il s’agit d’une veille de week-end. Nous pouvons proposer un soutien psychologique immédiat et nous faisons en sorte que les patientes identifient bien leurs interlocuteurs car il leur est plus facile de parler ensuite.

Qu’est-ce qui fait l’originalité de cette consultation « urgence sein » ?

Notre consultation est unique à l’AP-HP dans le sens où la rapidité du diagnostic et l’élaboration d’un schéma thérapeutique demandent une grande coordination des intervenants. Les gynécologues, radiologues, anatomo-pathologistes, etc., ont des plages de temps dédiées à cette consultation pluridisciplinaire, ce qui permet d’organiser la prise en charge coordonnée du patient de façon optimale. D’autre part, les patientes se voient remettre un « projet personnalisé de soins » qui précise la stratégie retenue, les étapes, le planning, les traitements, etc. Sur les 120 cancers du sein pris en charge dans notre unité, une centaine provient de la consultation « urgence sein ».


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Julie BENDAHMAN, infirmière de consultation d’annonce depuis 3 ans en Gynécologie.

Après le temps médical, où l’annonce du diagnostic de cancer est faite, vient le temps soignant. C’est un temps d’accompagnement où je reçois le patient avec sa famille s’il le désir. Je suis là pour écouter, reformuler et informer.

Ecouter le patient est primordial. Savoir qu’une personne est disponible pour lui le rassure. Cela permet également de connaître ses préoccupations et ainsi de l’orienter vers d’autres professionnels si nécessaire tel que l’assistante sociale, la psychologue….

Durant ce temps d’écoute on reformule les explications du médecin, parfois dans un langage plus accessible pour qu’il ne se sente pas perdu. On réexplique le projet thérapeutique : intervention chirurgicale, chimiothérapie, hormonothérapie ainsi que leurs effets secondaires.

Enfin on l’informe de toutes les structures pouvant être utiles pour lui dans la suite de sa prise en charge comme le nom des associations qui offrent des services le concernant (atelier, groupe de paroles…) ou encore comment trouver des professionnels comme les prothésistes (prothèses mammaires ou capillaires…).

Le temps infirmier permet de créer un lien avec le patient, il sait que je suis disponible, il sait qu’il peut appeler ou qu’il peut venir, c’est un repère pour lui.

17:35 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cancer du sein

19/11/2010

accompagner la famille en PMI

Les Sages Femmes de PMI (Protection Maternelle et Infantile)

Relevant des Conseils généraux, les sages-femmes de P.M.I (ou sages-femmes territoriales) ont essentiellement un rôle de prévention par le biais d'une fonction à la fois sociale et médicale, notamment lors de la surveillance de grossesse à risque : prise de rendez-vous, visites à domicile, prévention des menaces d'accouchement prématuré, suivis des traitements de toute pathologie liée à la grossesse (HTA, diabète, etc.), examen obstétrical et gynécologique.

Il est prouvé que la précarité est un facteur de risque pour la grossesse (moins de suivi donc moins de prévention, précarité peut être associée à addictions comme l'alcool, la toxicomanie...)
C'est pour celà qu'il faut qu'il y ait des services de proximité pour ces familles (Solipam APHP, PMI au niveau départemental, ..)pmi.jpg

Ainsi, à l'exception de l'accouchement, les sages-femmes territoriales contribuent au bon déroulement de la grossesse. Pour ce faire, elles travaillent avec les médecins de P.M.I. ou participent à l'activité d'un réseau d'obstétrique.


Les sages-femmes territoriales organisent par ailleurs des séances d'informations notamment auprès des jeunes dans les établissements scolaires, les associations et le centre de planning pour les mineurs.

La PMI contient aussi un certain nombre d'acteurs de la santé (Pédiatres, psychologues, puericultrices, assistantes sociales etc)
Le service est de qualité (suivi de l'enfant, pesées, vaccins, etc) et il n'y a pas de dépassements d'honoraires comme dans certains cabinets en ville.

http://equipement.paris.fr/?tid=2
http://www.lewebzine.aphp.fr/spip.php?article595

14/11/2010

Précarité et grossesse : un réseau sur mesure à l’AP-HP


Les premières rencontres pluridisciplinaires du réseau SOLIPAM, réseau de périnatalité d’accès aux soins pour les femmes enceintes et leurs enfants en situation précaire à Paris, se tiendront le 25 novembre 2010 et rendront hommage au Pr Dominique Mahieu Caputo, sa présidente fondatrice.

SOLIPAM est un réseau de périnatalité et d’accès aux soins pour les femmes enceintes et leurs enfants en situation précaire à Paris, dont les membres fondateurs sont le Centre d’action Sociale Protestant, le GIP Samu Social de Paris, l’AP-HP, le GH Diaconesses-Croix St Simon et la DFPE (Direction des Familles et de la Petite Enfance de la Ville de Paris).

L’objectif premier de ce réseau de périnatalité est de vaincre les différents obstacles à une prise en charge optimale pour les femmes enceintes et leurs nouveau-nés en situation de grande précarité sur le territoire de santé Paris -IDF. Le mot « réseau » prend ici tout son sens puisqu’il assure le suivi médico-psycho-social coordonné de la femme enceinte et de son nouveau né identifiant les facteurs de risque périnatals pour les orienter le plus précocement possible vers les structures adéquates.

Différentes études épidémiologiques récentes montrent que les personnes en situation de précarité, malgré les progrès réalisés dans le domaine périnatal, majorent plusieurs risques obstétricaux. Elles ont moins de 7 consultations durant leur grossesse, ce qui peut conduire à des défauts de prise en charge. Elle ont un moindre recours au diagnostic prénatal et accouchent souvent avant terme. Enfin, la précarité augmente le risque de naissance d’un enfant atteint de trisomie 21, les mauvais résultats du dépistage chez les femmes précaires semblent liés à une réduction de leur accès à des soins et à des explications insuffisantes ou inadaptées.

Parmi ses missions le réseau SOLIPAM propose aux femmes les plus vulnérables des actions d’accompagnement tout au long du parcours de soins, pour sensibiliser les mères à l’importance du suivi médical préventif de l’enfant. Pour résoudre l’accès aux soins rendu problématique par leurs faibles ressources (surtout au début de la grossesse puisque la grossesse n’est prise en charge à 100% qu’à partir du 1er jour du 6ème mois sauf pour les examens obligatoires), SOLIPAM les oriente vers les possibilités de prise en charge gratuite (centre de PMI, PASS, associations), et facilite leur inscription et leur suivi dans les maternités, s’assure de la mise en route et de la continuité de la prise en charge sociale, de l’ouverture de la couverture sociale et d’un accompagnement psychologique si nécessaire.

Le jeudi 25 novembre prochain, les premières rencontres pluridisciplinaires SOLIPAM se tiendront à l’hôpital des Diaconesses avec pour thème Périnatalité et Précarité ; cette date n’a pas été choisie par hasard : elle prend acte des violences faîtes aux femmes, que la grossesse et la grande précarité rendent encore plus vulnérables.

Un hommage sera rendu lors de cette journée, à Madame le Pr Dominique Mahieu Caputo, professeur des universités, chef de service à l’hôpital Bichat (AP-HP), présidente fondatrice du réseau SOLIPAM.

Renseignements :
Contactez le réseau SOLIPAM au 01 48 24 16 28
Par mail : secretariat-coordination.solipam@laposte.net

sources:http://www.lewebzine.aphp.fr/spip.php?article595

 
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