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26/10/2010

Don de sperme: la levée de l'anonymat divise

Don-de-sperme-et-d-ovule-la-fin-de-l-anonymat_mode_une.jpgUne enquête montre que 70% des donneurs souhaitent le maintien de l'anonymat, tandis que 60% d'entre eux renonceraient au don s'ils devaient dévoiler leur identité.

La levée partielle de l'anonymat dans le cadre du don de spermatozoïdes ou d'ovocytes continue de diviser, en dépit de la modification inscrite dans le projet de loi. Entre protection de l'anonymat et quête des origines, le débat risque d'être houleux au Parlement.

Depuis 1973, quelque 50.000 enfants sont nés en France d'un don fait dans notre pays. Difficile de les connaître, d'autant que «la plupart des couples maintiennent le secret sur leur mode de conception», indique une équipe de chercheurs dans un ouvrage collectif dirigé par Pierre Jouannet et Roger Mieusset.

En réalité, seule une poignée de jeunes issus d'un don cherchent à connaître la vérité sur leurs origines. Notamment par le biais d'association comme Procréation médicalement anonyme, dirigée par Pauline Tiberghien, qui compte 85 jeunes adultes nés d'un don.

Le sujet est très sensible, tant il touche aux relations entre parents et enfants, aux quêtes des origines mais aussi au fonctionnement même du don de gamètes et d'ovocytes.

Une étude réalisée en 2006 montre que, du côté des parents, la très grande majorité des hommes et des femmes -90 à 95%- sont en accord avec le principe de l'anonymat du donneur. Et environ un quart des hommes et des femmes indiquent qu'ils renonceraient à leur projet parental si la loi levait l'anonymat sur le don. Du côté des donneurs, ils sont également nombreux à ne pas souhaiter se dévoiler. Une enquête de 2006 montre que 70% des donneurs souhaitent le maintien de l'anonymat, tandis que 60% d'entre eux renonceraient au don en cas de levée d'anonymat. «Si l'anonymat est levé, les donneurs seront beaucoup moins nombreux», explique Dominique Lenfant, présidente de l'association Pauline et Adrien, qui aide les parents et promeut l'IAD. Faux, répond Pauline Tiberghien, en voulant pour preuve les chiffres issus du Royaume-Uni, où le nombre de donneurs a augmenté depuis 2005, date de la modification de la loi.


«Une grande souffrance»

Sophie est né d'un don de sperme il y a vingt-cinq ans. Elle dit «avoir une existence tout à fait normale et ne rien souhaiter de plus sur ses origines» .

De son côté, Clément ayant appris à l'âge de 12 ans qu'il était issu d'un don, a souffert de ne pas connaître le donneur. «J'ai été dans une grande souffrance» , explique ce jeune de 21 ans qui a réalisé lors d'une visite à l'hôpital Cochin l'impossibilité d'avoir des informations. Clément a adhéré à l'association PMA et milite depuis plusieurs années pour le changement de la loi, tout en considérant que le texte «donne trop de pouvoir au donneur à la majorité de l'enfant».

Camille, la trentaine, dit qu'elle a eu «envie d'en savoir plus dès que j'ai appris mon mode de conception». «Je voulais notamment savoir si mon frère était issu du même donneur, mais aussi si j'avais d'autres demi-frères et sœurs, explique-t-elle. J'ai senti une absence de préparation». Même si elle avoue qu'elle ne souhaitait pas forcément le rencontrer, qu'elle ne cherche pas un père, mais tout simplement savoir à quoi il ressemble, pour, dit-elle, «arrêter la machine à questions».
Par Aude Seres

Commentaires

Je me pose une question a ce sujet, si un enfant issus d'un don est finalement porteur d'une anomalie genetique venant du sperme du donneur, comment ca se passe pour le don?

Écrit par : La Marie | 25/03/2014

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