Avertir le modérateur

20/10/2010

Des virus dans 90 % des cancers du col de l'utérus

Ces papillomavirus sont aussi responsables d'un nombre croissant de cancers de la gorge.

C'est à la fin des années 1970 qu'un virus, le papillomavirus, transmis par contact sexuel, a été identifié comme étant responsable des cancers du col de l'utérus. Depuis, les recherches n'ont fait que s'amplifier sur cet agent infectieux, dont il existe des dizaines de types différents, certains entraînant des lésions bénignes, d'autres des tumeurs malignes. Deux vaccins contre le cancer du col de l'utérus, destinés aux jeunes filles ont été mis sur le marché, ciblant tout particulièrement les papillomavirus de type 16 et 18 impliqués dans 65-70% de ces cancers.

Lundi, la revue Lancet Oncology a publié les résultats d'une étude montrant que huit types de papillomavirus sont responsables de 90% des cas de cancer du col de l'utérus. Une information importante, qui permettra un jour de fabriquer un vaccin efficace non plus seulement contre 65-70% des cancers du col, mais contre 90% d'entre eux. Avec, si toute la population est protégée, la perspective d'arrêter le dépistage systématique par frottis tous les trois ans pour les femmes de plus de 25 ans… «Nous serons obligés dans tous les cas de pratiquer le dépistage par frottis, car il faut être certain, à long terme, qu'il n'y a pas un échappement du virus à la réponse immunitaire, lié par exemple à une mutation qui rendrait le vaccin inefficace, assure le docteur Michel Favre, codirecteur du Centre national de référence des papillomavirus. Le dépistage par frottis a encore de beaux jours devant lui. » Des firmes pharmaceutiques planchent déjà sur des vaccins plus performants qui incluraient un nombre plus important de souches virales.

Plus de 80% des femmes seraient infectées au cours de leur vie par le papillomavirus de type 16, très souvent lors de leurs premiers rapports sexuels. La très grande majorité d'entre elles éliminent ce virus spontanément, un tout petit nombre développe des lésions qui progressivement peuvent se transformer en cancer à long terme en l'absence de dépistage par frottis. Les jeunes filles sont plus vulnérables lorsqu'elles contractent le virus entre 15 et 20 ans du fait de l'immaturité du col de l'utérus. La généralisation du dépistage par frottis il y a plus de trente ans, a fait régresser la mortalité, actuellement encore trop élevée en France (1000 décès et 3000 cas annuels).


Étude suédoise

Dans ce contexte, le centre de Contrôle des maladies d'Atlanta (CDC) s'est inquiété la semaine dernière de l'augmentation des cancers de la cavité buccale qui serait liée à des infections par le papillomavirus transmis lors de rapports bucco-génitaux. Ces cancers des voies aéro-digestives sont traditionnellement liés au tabac et à l'alcool. Mais de plus en plus souvent, un papillomavirus serait impliqué. «Les causes possibles de cette augmentation font l'objet de nombreuses discussions, mais les changements de pratiques sexuelles ces dernières décennies à savoir l'accroissement des relations bucco-génitales et du nombre de partenaires paraissent être les principales raisons», soulignent les experts du CDC.

En Suède, l'incidence du cancer de l'amygdale induit par un papillomavirus aurait été multipliée par 7 en trente ans. La vaccination pourra-t-elle être un facteur de protection ? Pour l'instant, des études sont en cours. Les cancers de la cavité buccale liés à ce virus semblent de meilleur pronostic que ceux dus au tabac et à l'alcool.

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu