Avertir le modérateur

02/07/2010

Culture

culture.jpgC’est lors d’un de mes stages d’étudiante sage-femme qu’un événement s’est avéré être un pilier dans ma formation. Ce stage se situait en salle de naissances.

Déjà avancée dans mes études, je fais l’accouchement avec la sage-femme derrière moi qui contrôle mes gestes du regard.
La patiente était une femme africaine, dont l’origine exacte ne revient pas à ma mémoire.
Elle accouche très bien, sous péridurale, et le passage des épaules ne pose aucun souci, l’enfant crie très vite, tout le monde est soulagé.
« Bravo madame, maintenant attrapez-le ». Pas de réaction.
« Je mets l’enfant sur votre ventre, madame » dis-je en y associant le geste.
Et la patiente de repousser cet enfant et de crier qu’elle ne veut pas qu’on lui pose sur le ventre, se cachant le visage dans les bras.
 
Surprise et contrariée, je sors et m’occupe du bébé, pendant que la sage-femme fait la délivrance du placenta. Je trouvais ça quand même incroyable de repousser son bébé alors qu’il vient de naître, sans au moins vouloir voir à quoi il ressemble. Cela arrive parfois aux patientes qui sont très algiques (douleur élevée) mais elles regardent quand même leur enfant !
C’est lors d’un mémoire de fin d’étude d’une autre étudiante que j’ai compris bien plus tard ce qui s’était passé ce jour là. Le thème abordé était celui de la culture des femmes.
En réalité, certaines ethnies sont très axées sur la superstition, et pour ne pas attirer le mauvais œil, il ne faut pas dire que l’enfant est beau, ne pas crier, et parfois ne pas le prendre tout de suite dans ses bras, comme c’est arrivé pour ma patiente.
 
J’ai alors compris que, pour certaines choses, il ne fallait pas que j’ai comme référentiel ma propre culture, mais que je me laisse un peu porter par les autres cultures. J’ai alors décidé d’observer, de poser des questions sur certains rites de naissance, pour ne pas être dans l’incohérence voir l’intolérance de la famille qui se trouve devant moi. Et je m’en suis trouvée enrichie. Je me rapproche de ceux que je soigne. (Evidemment nous posons parfois certaines limites lorsqu’il s’agit de sécurité).
 
Les femmes chinoises portent une épingle à nourrice sur leurs vêtements pendant la grossesse pour que l’enfant soit grand et fort.
Les familles juives ne donnent pas de prénom avant le 7ème jour.
Certaines familles voudraient garder le placenta, mais là, nous ne pouvons leur dire oui !
Enfin, il y a un moment que je trouve très beau, c’est dans les familles musulmanes, quand le père de l’enfant lui souffle à l’oreille une courte prière, comme un accueil. C’est beau car souvent l’enfant arrête de pleurer à cet instant.

Commentaires

Très enrichissant effectivement !

Comme quoi il ne faut jamais juger trop vite nos patients, surtout lorsqu'ils sont d'une autre culture que la nôtre.

Écrit par : L'apprenti Docteur | 21/07/2010

"Nous ne pouvons leur dire oui !"
Là où j'ai accouché, c'est possible...Et c'est un niveau 2, et y'a 2400 naissance par an.
Manque de recul disais-je...

Écrit par : eo | 26/09/2010

légalement nous avons le droit de remmener le placenta...

Écrit par : Tinote | 27/09/2010

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu