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10/08/2010

Pudeur

Etre à l’hôpital, c’est déjà quelque chose. Se faire papouiller un bout de bras, de pied, de nez, c’est aussi quelque chose. En effet, notre chair, notre corps est remis à l’équipe médicale. A la maternité, ce n’est pas un bout de membre qui est analysé et traité, c’est la partie la plus secrète de la personne, sa plus grande nudité : son intimité sexuelle. De plus, elle est mise en lumière sous un scialytique car c’est par là que tout passe, si je puis dire : la vie, l’enfant qui arrive, passe par cette zone, qui est souvent très taboue. Cette partie secrète que l’on ne dévoile qu’à très peu de personnes côtoie le domaine du sacré. Comment faire alors pour ne pas brusquer ces mères ?


pudeur.jpg -En salle de naissance, il est évident que l’on ne peut faire autrement. Mais on peut désamorcer la gêne en parlant beaucoup avec la mère, ou avec le couple. Lui demander ce qui le mettrait plus à l’aise. Pour autant, je ne demande jamais la permission pour ceci : je mets toujours un drap sur les parties intimes de ma patiente. Parfois elles sont tellement émues que le grand jour soit enfin arrivé, elles l’ont tellement attendu qu’elles n’osent pas espérer cette intimité à laquelle elles ont le droit. Récupérer ce corps qui est observé, soumis à des examens voir des thérapeutiques. Elles se disent « c’est peut être normal que je sois toute nue, c’est le jour de mon accouchement ».Non ! Il y a un minimum. En suites de couche, les sages-femmes doivent regarder tous les jours si, s’il y avait une éventuelle plaie dans cette région anatomique, elle reste bien saine, si aucune infection ne survient. Or, il y a énormément d’intervenants dans ce service (infirmière, auxiliaire de puériculture, pédiatre, sage-femme, aide soignant, psychologue, assistante sociale etc…), et les visites dans les chambres sont assez fréquentes. Des gestes simples existent, comme mettre la ‘présence’ (lumière extérieure qui signifie qu’un soignant est dans la chambre). On peut aussi faire l’effort de cacher avec un drap cette partie lors de l’observation. Rien de pire que de se retrouver les jambes écartées devant quelqu’un qui rentre dans la chambre à ce moment là ! Il faut se mettre à la place de cette patiente : aimerais-je me retrouver dans cette position là sans être cachée ? Avant de toucher à cette partie, il faut demander. C’est la même chose pour l’allaitement : j’imagine que ce ne doit pas être agréable que quelqu’un se précipite sur votre sein pour voir s’il y a du lait. Demander que la patiente le fasse elle-même, ou demander la permission si elle ne veut/peut pas. En définitive, quant à ce thème de l’intimité, il serait préférable d’avoir une pratique telle que l’on s’imagine être de l’autre côté de la barrière…

Commentaires

Ca me rappele pour mon premier, il venait de naitre, moment de la toute premiere tétée, et monsieur bébé ne voulait pas teter ni meme prendre mon bout de sein. La sage femme m'a chopé le sein et la pincé , ca m'a fait super mal pour le mettre de force dans la bouche de mon bébé. Je l'ai très mal vécu.

Écrit par : La Marie | 25/03/2014

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